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Photos Bali partie 2

Ceci est la deuxième chronique sur mon voyage à Bali en 2002\2005 si vous n’avez pas lu la première, je vous conseil de commencer par là: Photos Bali partie 1

À l’époque de ce voyage, je ne savais pas que j’allais devenir photographe. En fait, pour être franc, je n’en avait aucune envie, même si j’étudiais en photographie au cégep, j’étudiais la photo par plaisir, pour combler un vide, le temps de savoir quoi faire de mon avenir. 10 ans se sont écoulés et je me sentais le besoin de faire un bilan sur mon évolution photographique en commençant par ces photos.

Comme je l’écrivais dans ma première chronique, les balinais se sont adaptés au tourisme  culturel. À mon arrivé sur l’île, je doutais de l’authenticité de certain rites; il y avait  des danses traditionnelles dans presque tout les restaurants, des processions  religieuses à tout les deux jours… J’avais peur d’être témoin des courses en traîneau à chien de l’Indonésie. Puis, j’ai pris le temps de me faire ami avec un certain Wayan et son patron Nyoman. Ce dernier, s’occupait d’un petit gîte dans la ville d’Ubud et Wayan s’occupait des chambres. Au fil de mon voyage, le gîte de Nyoman est devenu le noyau autour duquel je gravitais et Wayan me servait, à chacun de mes départ, de taxi avec sa motocyclette. Quand je ne savais pas trop quoi faire de mon temps, je parlais religion, culture ou politique avec Nyoman ou buvais du thé avec une vieille dame australienne qui séjournait dans la chambre d’à côté. Quand j’avais besoin d’action, je demandais à Wayan de m’amener dans un endroit inusité, idéalement à l’abri des touristes. Ma première  demande à Wayan à été de m’amener dans une « vraie » cérémonie.

Voyage à Bali en Indonésie. Photo: David L.Lemieux, Photographe à Montréal

La photo ci-dessus est une des 5 ou 6 photos que j’ai réalisé durant cette cérémonie. Par respect, je n’avais pas pris beaucoup de photos, les touristes n’étaient pas invités… La cérémonie en question étaient somme toute identique à celles que j’avais vue dans les rues touristiques d’Ubud mise à part le fait que Wayan m’avais demandé de porter le sarong, que la cérémonie avait lieu en soirée et que j’étais le seul touriste sur place.

Voyage à Bali en Indonésie. Photo: David L.Lemieux, Photographe à Montréal

Le deuxième endroit où j’ai passé le plus de temps sur Bali était au pied du volcan Batur (le plus actif de l’île), visible sur la photo ci-dessus et où j’y ai fais la connaissance de Nyoman.

Une parenthèse s’impose. À Bali, il n’y a que 4 prénom: Wayan (qui signifie « le premier »), Made (qui signifie « moyen »), Nyoman (qui signifie « le dernier »), Ketut (qui signifie « la fin »). La tradition suppose qu’autrefois les parents ne voulait pas avoir plus de trois enfants, mais n’arrivaient pas toujours à se limiter à trois. Le quatrième nom s’est donc rajouté et lorsqu’un cinquième enfant arrive, on reprend la série à partir de Wayan auquel les balinais ajoutent parfois le mot Balik (qui signifie « repris »). Les balinais utilisent aussi souvent des synonymes pour les trois premiers prénoms; Putu et Gede pour Wayan, Kadek et Nengah pour Made, Komang pour Nyoman.

Voyage à Bali en Indonésie. Photo: David L.Lemieux, Photographe à Montréal

Nyoman donc, qu’on voit sur la photo ci-dessus, est un de ces nombreux Indonésien à qui je me suis attaché durant mon voyage. Celui-ci traînait toujours autour de l’hôtel où je séjournais au pied du mont Batur, en quête d’un touriste à qui vendre ses toiles (comme j’écrivais dans ma chronique précédente, tout les balinais sont peintre…). À Bali, tout est négociable. Si vous voulez un petit truc pour rendre votre voyage plus agréable, prêtez-vous au jeux de la négociation, mais restez généreux envers les Indonésiens avec qui vous négocierai, ils vous le rendront magistralement. Chaque fois que je voulais quelque chose, je négociais à la dure, puis au final, après entente, je leur donnais un peu plus que ce sur quoi nous nous étions entendu. Les Indonésiens ont l’habitude des négociations mais n’ont pas l’habitude de recevoir un pourboire. Je vous garantit qu’il vous le rendront d’une façon ou d’une autre. C’est dans un jeu de négociation du genre que j’ai appris à connaître Nyoman qui, par la suite, m’aida à découvrir son coin de pays. Je l’ai écrit dans ma chronique précédente, les balinais sont, règle générale, plutôt pauvres. Nyoman n’avait pas l’eau courante, les Indonésiens de son village puisaient l’eau à même le lac et, malgré tout, il a eu l’amabilité de m’inviter à souper chez lui avec sa famille. Nous avons mangé un poisson qu’il avait pêché la journée même, cuit dans un feu de camp, relevé avec énormément d’épices. Oubliez les fours à micro-ondes là-bas. Lui, sa femme et son bébé vivaient dans une pièce aussi grande que ma cuisine. Je penses souvent à lui, j’espères qu’il va bien, si vous passez par le mont Batur et que vous le croisez, achetez lui une toile.

Voyage à Bali en Indonésie. Photo: David L.Lemieux, Photographe à Montréal

Voyage à Bali en Indonésie. Photo: David L.Lemieux, Photographe à Montréal

Expérience pour le moins intrigante à laquelle j’ai pu assister; les combats de coqs. Ceux-ci sont interdit sur Bali depuis 1981 sauf lorsqu’ils ont lieu dans un temple (le wantilan). Je ne pouvais pas m’empêcher de penser à cette scène de Rambo: Rambo 3

Voyage à Bali en Indonésie. Photo: David L.Lemieux, Photographe à Montréal
Une belle surprise que j’ai eu en numérisant mes négatifs: une photo que je n’avais jamais imprimée. À l’époque, j’avais plutôt sélectionné une photo similaire, mais cadré à la vertical.  J’aimes beaucoup la photo, on dirait que le fond est truqué, comme si c’était un montage photoshop, mais non. La photo ci-dessus a été prise autour du temple d’Uluwatu, au sud de l’île.

Si vous êtes photographe et que vous vous questionnez sur des détails techniques, la majorité des photos de cette galerie ont été réalisées avec un Nikon FM3A (l’appareil des puristes par excellence), sur négatifs Fuji Neopan 1600 noir et blanc avec un filtre rouge, développé dans du Kodak T-max (pour plus de contraste) et je sur-exposais généralement d’un demi-cran. Les autres sont des négatifs infra-rouge konika avec un simple filtre rouge…

Voyage à Bali en Indonésie. Photo: David L.Lemieux, Photographe à Montréal

J’aimais beaucoup l’effet du grain photo des négatifs Fuji Neopan 1600 noir et blanc qu’on voit assez bien sur la photo ci-dessus. Si vous êtes photographe et que vous faites toujours du développement en chambre noir, je vous conseil d’essayez le papier Ilford satiné, je crois qu’il est toujours disponible.

Voyage à Bali en Indonésie. Photo: David L.Lemieux, Photographe à Montréal

Je terminerai cette deuxième chronique sur la photo ci-dessus qui, de par sa lumière et son traitement, me rappelle un peu les photos d’architecture des année 60.

Photos Bali partie 1

Il y a dix ans, je partais vers l’Indonésie, sur l’île de Bali pour être exact. D’ordinaire les gens se préparent lorsqu’ils voyagent, réservent une chambre d’hôtel. J’avais plutôt passé les six mois précédents mon départ à apprendre la langue d’usage, j’arrivais là après 32 heures d’avion et d’escales sans trop savoir ou j’allais dormir. Il y a dix ans, je ne voulais pas être photographe, je prenais des photos. Il y a dix ans, les choses étaient différentes; on ne mitraillait pas nos sujets, les négatifs coûtaient cher. La technologie a certainement changé bien des choses mais est-ce que mon rapport à la photographie, lui, avait subit des transformations. Si la photographie est devenue pour moi un métier, ce n’est pas sans certaines interrogations. Si un photographe questionne chacune de ses photos(la photographie, c’est faire des choix après tout) je crois qu’on dois un jour s’arrêter et prendre le temps de s’interroger sur son propre cheminement. Comme pour la vie, prendre le temps de regarder le passé pour mieux cerner le présent. J’ai donc décidé de retravailler l’ensemble de ce que j’ai fait photographiquement au cours des dix dernières années à commencer par ce que je qualifierais de mes débuts photographiques, c’est à dire ce voyage en Indonésie. Je remonterai le temps, si le temps me le permet, jusqu’à aujourd’hui. Cet article est donc le premier d’une série à travers lesquels je commenterai certaines photos d’un point de vue historique, anecdotique, esthétique ou technique.

Voyage à Bali en Indonésie. Photo: David L.Lemieux, Photographe à Montréal
Cette première photo, même si d’un point de vue sémantique et esthétique, m’apparaît comme tout à fait ordinaire, porte néanmoins un certain crédit à mes yeux. C’est le genre d’image qui, disons-le, tire son importance bien plus de par son histoire que de par ses qualités esthétique. J’arrivais donc à Bali, un peu déboussolé par le décalage horaire. J’étais partit pour le dépaysement, l’aéroport n’était pas trop dépaysant, les douaniers bêtes à l’occidental dans un décors rappelant la Floride, du moins l’image que je me faisais de la Floride. J’étais déçu d’aventure le temps de faire estampiller mon passeport. À la sortie de l’aéroport, les balinais vous accueillent: hôtel, hôtel, taxi, hôtel, taxi, taxi, taxi, hôtel, taxi, hôtel, taxi, taxi… Je me laissais accaparer par le premier pour me sauver des autres et le laissais me mener vers l’hôtel de ses amis. Si l’aéroport est décevant en terme de dépaysement, dès ma sortie j’ai su que je n’était plus sur la même planète, l’industrialisation n’était pas encore tout à fait arrivée là. Je me souvient de mon premier constat, tout les Balinais ont une faucille. En route vers l’hôtel, l’odeur me prend, la plupart des touristes s’en incommodent à Bali, les ordures à l’époque n’étaient pas ramassé mais incinéré sur place. J’avais trouvé mon logis pour la nuit, je n’avais pas dormi depuis 40 heures, je voulais faire mes premières photos, j’allais sur la plage. J’aime cette photo parce que sans artifices; c’est un mensonge. Le soleil couchant, on s’imagine les petits chiens jouant sur la plage, courant autour du catamaran coloré en quête d’un os… Oui, probablement un des miens… Les chiens sur Bali sont presque tous des chiens errants affamés mais surtout malades. Les trois chiens (je vous mets au défi de trouver le troisième) tournaient autour de moi comme une meute de hyènes en chasse, jappaient, grognaient et finirent par se sauver à l’arrivé d’un balinais désireux de me vendre son dépanneur:
-Hôtel?
-Non, j’ai déjà un hôtel.
-Plongé?
-Non.
-Hash?
-Non (je vous conseilles d’ailleurs de faire de même, les peines sont très sévères en Indonésie).
-Champignons?
-Non.
-Des femmes?
-Non.
-Des hommes?
-Non.
-Un enfant?
-No fucking way.
Je me suis levé et je suis parti me coucher. C’était mon premier véritable contact avec un Indonésien, j’étais pour le moins sceptique de ce dans quoi je m’étais aventuré. Le lendemain les coqs me réveillaient à 4 heures du matin.

Voyage à Bali en Indonésie. Photo: David L.Lemieux, Photographe à Montréal
Si mon premier contact avec l’Indonésie ne se fit pas sans un certain choc, le reste de mon voyage m’aura permis d’apprendre à connaître et aimer un peuple pour lequel j’ai développé un respect plus grand que pour ma propre nation. J’aime beaucoup la photo ci-dessus, c’est pour moi une belle représentation du choc des cultures et la capacité d’un peuple à pouvoir s’y adapter. Dans les faits Bali était, il y a dix ans, une île en voie d’industrialisation dont l’économie tournait et tourne probablement encore aujourd’hui autour du tourisme, essentiellement culturel. Les touristes vont à Bali pour voir des cérémonies, acheter des toiles (tout les balinais sont peintres)… On pourrait croire que ce conservatisme culturel est une réponse à la demande touristique, mais lorsqu’on sort des centres « urbains » et qu’on prend le temps de parler avec eux, on s’aperçoit rapidement que leur affirmation culturelle est loin d’être une réponse exclusive à des impératifs économiques. Les Balinais sont réellement fier de leur culture. Si les attrapes touristes se multipliais dans un cadre purement économique, les mêmes rites se répétais dans l’intimité du peuple. Cette photo en est un bon exemple, la cérémonie, fêtée dans un centre urbain, m’apparaissait comme une festivité dédié au tourisme pour faire rouler l’économie. Après la cérémonie, j’ai demandé à un Indonésien avec qui je m’étais fais ami de m’amener dans une vrai cérémonie. La deuxième cérémonie était en tout point identique à la première mis à part le fait qu’elle avait lieu le soir dans une petite ruelle à l’abri de la curiosité des touristes. Je vous présenterai quelques photos de cette cérémonie dans mon prochain article sur Bali.

Voyage à Bali en Indonésie. Photo: David L.Lemieux, Photographe à Montréal
Quoi qu’il en soit les Balinais, malgré la forte influence occidentale dont ils sont sujet, ont su tirer profit de leur affirmation culturelle et, étant donné leur situation socio-économique, je n’arrive pas à le leur reprocher malgré les quelques dérapages d’adaptation touristique dont ils sont sujets. Si les toiles vendues à Ubud sont plus artisanales qu’artistiques en réponse à une commercialisation de la culture, le résultat n’en est pas moins celui d’une société débrouillarde faisant ce qu’elle peut avec peu pour subsister dans un système économique difficile.

Voyage à Bali en Indonésie. Photo: David L.Lemieux, Photographe à Montréal
Voyage à Bali en Indonésie. Photo: David L.Lemieux, Photographe à Montréal
On ne se le cachera pas, la plupart des balinais sont pauvres et, puisque l’économie tourne autour du tourisme, à Bali, le prétexte à faire de l’argent avec les touristes donne parfois lieu à quelques étrangetés comme celle des deux photos ci-dessus. À proximité d’un temple, un Indonésien nous invitait à entrer dans la caverne pour toucher le serpent sacré…

Voyage à Bali en Indonésie. Photo: David L.Lemieux, Photographe à Montréal
Je terminerai ce premier article en vous présentant simplement ma photo préférée de ce premier groupe d’images sur Bali. C’est une photo toute simple dont j’aimes particulièrement la composition, la pose et l’expression des deux enfants. À mon avis elle passera l’épreuve du temps.